Deux-sèvres Actualité
Hôpital Nord-Deux-Sèvres : deux villes se rebiffent
( 06/03/2006 )
En dépit de la complexité du dossier, ils ont été plus d'un millier à descendre dans les rues de Thouars et de Parthenay ce week-end.
 A Thouars, les élus en tête, la gauche aux côtés de la droite, sur le même front : les maires (dont celui de Thouars) et les deux conseillers généraux, ainsi que la conseillère régionale en tête. Dans le cortège aussi, des habitants solidaires de Ruffec et de la Creuse

Thouars : plus de 700 sur le pavé les couleurs politiques mélangées

Prompt à sortir les banderoles et à arpenter le pavé, le Thouarsais a de nouveau manifesté contre le projet qui vise à réduire l'hôpital. Et cette fois-ci tout le monde s'y est mis.

La présence d'Alain Fauconnier qui parlait dans sa ville " d'atmosphère insurrectionnelle " quand il fallut défendre l'hôpital de sa ville a-t-elle galvanisé les volontés ? Toujours est-il qu'à Thouars, samedi, en dépit d'un ciel d'abord trempé puis neigeux, plus de sept cents personnes ont défilé. Tout le monde s'y est mis : la droite, la gauche, les syndicats, des prêtres, des jeunes, des moins jeunes, des prolétaires et des gens plus accoutumés aux tapis épais qu'au macadam de la rue. Pour ces citoyens rassemblés, la proposition de réduire l'offre de soins dans le nord Deux-Sèvres, et de ne conserver qu'un plateau technique adossé à Bressuire, est inacceptable, " funeste même car c'est ainsi qu'on organise un désert sanitaire ". Le cortège est passé devant le cimetière (un symbole éloquent) et a fait halte à un rond-point, à l'entrée de la ville, démuni de toute habitation ; comme pour montrer ce que serait une zone entière sans équipements dignes de ce nom (médecine, chirurgie obstétrique) dans chaque cité ou à proximité. Ces secteurs oubliés de la santé sont appelés des " zones blanches ", un terme qui avait, en cette journée enneigée, un sens précis.

Philippe L'EXCELLENT

•NOUVEL APPEL A LA MOBILISATION - Le vendredi 10 mars à 9 h 30 à Poitiers devant la direction régionale des affaires sanitaires et sociales à Poitiers, avenue Northampton (Ancien site de l'Hôpital des Chalons). Ce jour-là se tiendra le comité régional d'organisation sanitaire qui aura à s'exprimer sur le SROS 3 (plan qui définit la politique sanitaire pour cinq ans).

350 Gâtinais disent 'non' au démantèlement de l'hôpital

" Boostés " par la décision du conseil d'administration de l'hôpital la veille, 350 personnes ont participé samedi matin à Parthenay à la manifestation initiée par le collectif de défense de l'offre de soin en Nord Deux-Sèvres. " Trois villes, trois vrais hôpitaux " pouvait-on lire, entre autres, sur une pancarte.

Pour le collectif de défense de l'offre de soin en Nord Deux-Sèvres, il n'y a plus l'ombre d'un doute : ce qui s'est passé samedi matin à Thouars et à Parthenay ressemble à une démonstration de force : " L'ARH va devoir revoir sa copie. Un hôpital ne se gère pas comme une entreprise et la santé n'est pas une activité comme une autre ". A l'heure du départ samedi matin sur le parvis du palais des congrès de Parthenay, le moral des troupes était doublement au beau fixe : la veille en effet, le conseil d'administration de l'hôpital est allé dans le même sens qu'elles en rejetant sans appel le schéma régional d'organisation sanitaire.

Sixième
territoire

Ainsi, la lettre remise samedi au sous-préfet de Parthenay et au président du CA de l'hôpital prenait toute sa valeur. Pour les manifestants, les doléances n'en deviennent que plus recevables : reconnaissance du nord Deux-Sèvres comme sixième territoire de santé, sauvegarde de l'ensemble des services existants, élargissement de l'offre de soins en réponse aux besoins de la population, couverture de la totalité du nord Deux-Sèvres pour les urgences, égalité d'accès aux soins pour les habitants des bassins parthenaisien, Bressuire et Thouars… Une septuagénaire parthenaisienne résumait parfaitement l'état d'esprit général : " Pas question de descendre plus bas qu'on est. " Pas question non plus que Bressuire tire la couverture à elle. Et ça, on peut compter sur le collectif pour y veiller.

Xavier LE ROUX