Pays Ruffécois

«LES MENACES SONT SÉRIEUSES» SUR L'HÔPITAL DE RUFFEC

L'Etat pointe «d'importants problèmes» à l'hôpital de Ruffec et préconise un dispositif semblable à Barbezieux

20.05.2008

Cent Ruffécois ont manifesté hier à Poitiers devant l'ARH où était dévoilé le rapport sur l'hôpital de Ruffec . photo Bruno Delion

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Cet audit va servir de base de discussion, nous allons faire des contre-propositions», commente à chaud Bernard Charbonneau, le président de l'hôpital de Ruffec, après la réunion qui s'est tenue hier à l'Agence régionale d'hospitalisation (ARH). En sortant de l'ARH, au Futuroscope, où il vient de prendre connaissance des principaux éléments du rapport consacré à l'hôpital de sa ville, le maire de Ruffec sait que maintenir la chirurgie en l'état va être très difficile. «Ce n'est pas une surprise, on nous propose un système comme Barbezieux. Il va falloir faire preuve de beaucoup de persuasion, reconnaît l'élu. Ce n'est pas gagné».

Le conseil d'administration, qui doit bâtir un projet d'établissement avant l'été, va éplucher ce document «Buisson», du nom de son auteur, un spécialiste du ministère de la Santé. Il aura aussi en main les conclusions de la Cour des comptes qui réalise une enquête sur la gestion de l'hôpital. Jeudi, accompagné du sénateur Henri de Richemont, Bernard Charbonneau a rendez-vous au ministère de la Santé pour plaider une nouvelle fois leur cause. Ils auront fort à faire, vue la teneur du rapport: «Il pointe d'importants problèmes d'activité, d'organisation et de sécurité de l'hôpital de Ruffec», confirme Marie-Sophie Desaulle, directrice de l'ARH, qui demande au centre hospitalier «de mettre en conformité ses pratiques avec la réglementation, concernant notamment la rémunération du personnel médical, et de mieux organiser la permanence des soins».

Une période de concertation

La directrice de l'agence assure toutefois que «l'avenir du centre hospitalier n'est pas remis en question». «Il s'agit de définir le périmètre de son action.» La chirurgie ruffécoise ne réalise pas un nombre d'actes suffisants selon les textes en vigueur. L'audit de René Buisson confirme la tendance et préconise un dispositif similaire à celui mis en place à Barbezieux où l'hôpital est devenu une antenne de Girac, avec fermeture de la chirurgie la nuit et le week-end.

Alors que Barbezieux a trouvé un compromis avec l'Etat - au prix d'un débat qui a enflammé la ville pendant plus d'un an -, Ruffec a choisi de faire de la résistance et de maintenir un service de chirurgie vingt-quatre heures sur vingt-quatre. L'audit remet tout sur la table.

«Soutien en urgence à la vie de l'hôpital du bassin de Ruffec», l'association d'usagers, a tenu a être présente hier à Poitiers. Une centaine de Ruffécois se sont regroupés devant l'ARH avec banderoles et sono pour défendre «leur» hôpital. Devant les portes, la chirurgie cristallise toutes les inquiétudes. «Le deuxième poste de chirurgien est toujours gelé, peste Gaëtan Raynaud, membre de l'association. La sécurité, c'est un problème de technocrate, les chirurgiens sont diplômés et le bloc est aux normes.» Infirmière à Ruffec et représentante du personnel, Edith Pot ajoute: «On nous parle de chirurgie ambulatoire mais c'est un leurre.»

L'association est persuadée que «le poste de chirurgien restera gelé» et que désormais, «les menaces sur la chirurgie sont sérieuses». Du côté de l'ARH, on parle d'une «période de concertation» avec les acteurs locaux qui doit déboucher à «un projet d'établissement avant l'été». Gaëtan Raynaud ne se fait pas d'illusion: «L'idée est de supprimer la chirurgie à Ruffec et de récupérer des lits. La ministre de la Santé l'a dit: elle veut transformer les petits hôpitaux en centre d'accueil pour personnes âgées.»

Thierry CORDEBOUF

et Bruno DELION